Que vive Everybody’s Perfect!
Organiser un Festival est une chose à la fois passionnante et ardue, surtout avec une équipe de volontaires: seule la passion du cinéma et la conviction de mettre sur pied une manifestation, apparaissant indispensable, peut faire avancer les choses. Le miracle du premier Festival, en 2010, est arrivé après des mois de tâtonnements et de labeur, de recherches et de discussions.
Le besoin d’une telle manifestation nous a poussés à récidiver.
Ce n’est pas le Festival qui avait créé ce besoin: il l’avait simplement révélé.
Donc nous remettons ça, grâce en particulier à la demande immédiate du nouveau patron des lieux, Edouard Waintrop, successeur de Rui Nogueira, qui nous a simplement dit: Je veux ce Festival, a signé une lettre de recommandation pleine de fougue, démontrant ce que le cinéma hollywoodien doit aux courants homosexuels et queer, en dépit d’une ambiguïté protectrice.
En retour, nous offrons à Edouard Waintrop une carte blanche, où, autour de deux films, l’ancien critique de Libération et le tout nouveau responsable de la Quinzaine des réalisateurs de Cannes donnera la pleine mesure de son érudition passionnée.
Cette fois encore, nous sommes soutenus financièrement par la Ville et l’Etat de Genève, la Loterie Romande, quelques autres partenaires, dont la fédération des associations genevoises LGBT et notre partenaire média le magazine 360°. Ces appuis nous permettent d’offrir une vaste gamme de films, dont le domaine ne cesse de s’étendre.
Ainsi, depuis juin 2011, l’orientation sexuelle et la liberté de genre sont reconnues un nouveau droit universel humain, approuvé par le Conseil des droits humains de l’ONU, ratifié par la Suisse. En décembre 2011, Hillary Clinton est venue proclamer avec une rare éloquence, au Palais des Nations à Genève, que les Droits des gays sont les droits humains, et que les Droits humains sont les droits des gays. Nous pensons qu’il faut donner, à un public qui inclut, mais dépasse largement nos «communautés» LGBTIQ, un reflet aussi large que possible de ces évolutions inespérées. Mariage, enfants, familles, éducation, santé, ordres moraux, de nouveaux concepts bousculent aujourd’hui quantité de structures naguère encore rigides.
Le monde hétérosexuel est notre invité d’honneur!
Ce faisant, nous espérons favoriser une ouverture et une compréhension mutuelles, dynamiter à nouveau les préjugés, permettre aux milieux scolaires – enseignants et élèves, jusqu’au post-obligatoire – de découvrir des films soigneusement sélectionnés, en favorisant une vie plus harmonieuse de populations minoritaires encore et toujours souvent stigmatisées.
Si nous y parvenons, ce deuxième Festival Everybody’s Perfect aura montré qu’il échappe aux effets de mode superficiels, qu’il peut contribuer à la réussite commune de cette société qui est la nôtre, la rendant plus accueillante. Quelle que soit son orientation sexuelle, chacune et chacun pourra y trouver, nous l’espérons, une promesse de bonheur possible.
Agnès-Maritza Boulmer et Pierre Biner, co-fondateurs du Gai Savoir et co-présidents du Festival.
