Fiertés

Fight Club

On a tendance à considérer que le mouvement de revendication homosexuel a commencé en 1969, avec les émeutes new-yorkaises de Stonewall. Comme si, avant ces jets historiques de bouteilles de bière sur les forces de police qui opéraient une énième descente dans un bar de gays et de travestis, aucune revendication ne s'était jamais fait entendre. Ce n'est évidemment pas le cas, comme on l'apprend, à l'aide de nombreux exemples, dans le documentaire « Before Stonewall ».

Un autre film évoque le Paris des années 20 et 30. On y découvre que de nombreuses lesbiennes américaines ou britanniques aux fortes personnalités y avaient créé un cercle amical et artistique très
actif mais sans la visibilité publique qui prévaut aujourd'hui (« Paris Was a Woman »).

Cette visibilité, qui nous paraît si naturelle - du moins dans les pays où l'Etat dans les lois et la population dans les faits ont plébiscité la libération des mœurs - éclate dans le documentaire canadien « Thank God I'm a Lesbian ». Ou encore dans « Le Gai Tapant », qui dresse le portrait du fondateur de Gai Pied, Jean Le Bitoux, activiste de premier plan disparu récemment.

Des courts-métrages de féministes radicales – « Yes, I'm Single », « Time Bomb », « Tronguinoscope », objets brûlants faits pour secouer les habitudes, complètent cette sélection.

Nous avons aussi l'honneur de montrer, en avant-première suisse, le chaleureux documentaire « Les Invisibles », sélectionné à Cannes cette année. Sébastien Lifschitz, son auteur, rend hommage, sur près de deux heures, à ces homos français qui ont, dans l'entre-deux-guerres, assumé leur homosexualité, et accepté de témoigner devant sa caméra.

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