Ce soir, vendredi 21 Septembre, commence le deuxième festival de cinéma Lesbien Gay Bi Trans Intersexe et Queer « Everybody’s perfect ».
Lorsque j’ai annoncé ma participation au festival, un ami m’a demandé:
« -Un festival de cinéma LGBTIQ? Mais pourquoi faire? »C’est vrai ça, pourquoi? Prenant l’air inspiré de qui a quelque chose de spirituel à dire, je lui ai répondu:
« -Parce que le cinéma est un vecteur cul-tu-rel.-Ouais bon ben ça va, me répondit mon indolent, mais légèrement froissé camarade, ça je vois. Mais pourquoi un festival de cinéma L. G. B. T. I. Q.?
-Pour offrir la possibilité de voir des films L. G. B. T. I. Q. en Suisse romande, en français, en plus, lui répliquais-je doctement.-Bof… De toutes façons, aujourd’hui, on trouve tout sur internet, osa me retourner l’outrecuidant poteau.-Alors un festival-de-cinéma-L-G-B-T-I-Q, parce que non, on ne trouve pas tout sur internet et que, même quand on organise un festival-de-cinéma-L-G-B-T-I-Q, ce n’est pas toujours facile de mettre la main sur les films.Parce que à un festival-de-cinéma-L-G-B-T-I-Q on peut rencontrer des acteurs, des réalisateurs, assister à des débats, passer de folles nuits, découvrir -par hasard ou non- des films merveilleux, vivre des expériences palpitantes, se confronter au reste du public, boire des verres, admirer des oeuvres d’art, mettre la culture LGBTIQ sous le nez des médias, proposer des projections pour les écoles… Entre autres. Parce que ce festival-de-cinéma-L-G-B-T-I-Q, c’est l’occasion de faire la part belle à un pan du septième art trop souvent délaissé par la grande distribution.Parce que ce festival-de-cinéma-L-G-B-T-I-Q est, justement, L G B T I Q est que c’est pas tous les jours que les homos se penchent sur les trans, les trans sur les bis, les bis sur les queers, les queers sur les gays, les gays sur les lesbiennes et les hétéros sur tous les autres.Parce que, oui, ce festival-de-cinéma-L-G-B-T-I-Q s’adresse à tous, peu importe avec qui vous couchez ou non.Donc un festival-de-cinéma-L-G-B-T-I-Q c’est pour la cinéphilie pure, pour la militance, la lutte contre l’homo-bi-transphobie (« plus tu me vois, moins tu as peur de moi »), la culture, la branchitude, l’art et le cinéma encore encore et encore. Là.-…, resta sans voix mon épaté condisciple pendant que j’étanchais ma verve d’une rasade de bière.-Et puis d’abord, si tu ne me crois pas, en voilà la preuve: programme.- Oh, souffla enfin le conquis et sidéré compère. »

